La Physiologie du goût est un recueil de mémoires. Mémoires d’humour, dans le ton héroï-comique, ou comment traiter de matières familières avec un rien de noblesse, un zeste de pompe ou de solennité. Cela pourrait lasser, si tout ne baignait dans la modestie et la gaieté. Brillat-Savarin est l’auteur le plus aimable qui soit. Mais il est question de cuisine. Brillat-Savarin (1755-1826) inaugure avec génie cette intellectualisation de la gastronomie qui ne devait pas cesser jusqu’à nos jours.
Il est témoin de l’époque où s’impose le restaurant, lieu pour manger, au détriment de l’auberge, refuge du voyageur sans feu ni lieu, où l’on ne faisait guère que boire et se nourrir. La cuisine se professionnalise et toute profession suscite discours ; se mettre à table est affaire de langage. Au-delà du besoin de manger, le plaisir de la table est comme une mise en scène : le luxe du désir. La nourriture désirée est une sorte de cérémonie ethnographique par laquelle l’homme célèbre son pouvoir, sa liberté de brûler son énergie "pour rien".
"En ce sens, dit Roland Barthes, le livre de Brillat-Savarin est de bout en bout le livre du "proprement humain", car c’est le désir (en ce qu’il se parle) qui distingue l’homme". (présentation de l’édition parue en 2017 chez Flammarion)
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Ressources hors Chaire
Articles
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Physiologie du goût, ou Méditations de gastronomie transcendante
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAY -
Towards a common food policy for the European Union : the policy reform and realignment that is required to build sustainable food systems in Europe
23 novembre 2021, par Mathilde COUDRAYThis report argues for a Common Food Policy for the European Union : a policy setting a direction of travel for the whole food system, bringing together the various sectoral policies that affect food production, processing, distribution, and consumption, and refocusing all actions on the transition to sustainability. The Common Food Policy vision draws on the collective intelligence of more than 400 farmers, food entrepreneurs, civil society activists, scientists and policymakers consulted through a three-year process of research and deliberation.
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La gestion ordinaire de la vie en deux
3 novembre 2021, par Mathilde COUDRAYA partir de données variées (entretiens, photos, films) sur la double journée de femmes en activité, l’article rend compte d’une analyse sur la gestion quotidiennedu travail salarié et du travail domestique, spécifique de la place des femmes dans les rapports sociaux de classes et de sexe. L’empiètement d’un univers sur l’autre complique la gestion des espaces-temps ; celle-ci ne peut être réduite à une addition de pratiques qui seraient isolables, stables et univoques. La charge mentale de la journée "redoublée" est lourde d’une tension constante, pour ajuster des temporalités et des espaces différents, mais non autonomes, qui interfèrent de manière multiplicative.
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Se nourrir de promesses. Enjeux et critiques de l’introduction de deux innovations dans le domaine alimentaire : test nutri-génétique et viande in vitro
3 novembre 2021, par Mathilde COUDRAYDepuis une quinzaine d’années, deux innovations à composante biomédicale et technoscientifique s’immiscent dans le domaine alimentaire : les tests nutri-génétiques et la viande in vitro. Cet article s’intéresse aux promesses qui les accompagnent. Pour les appréhender, les auteurs se sont penchés sur leur introduction dans l’espace public, l’identité de leurs promoteurs et les enjeux sociaux soulevés. L’analyse croisée de ces promesses conduit à une réflexion critique sur l’autonomisation autour des deux injonctions normatives les plus prégnantes dans le domaine alimentaire : améliorer sa santé et protéger l’environnement. Si ces innovations nourrissent la capacité des individus à conduire leur alimentation, elles renforcent dans le même temps une dépendance à la technique et à ses possesseurs.
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Food swamps predict obesity rates better than food deserts in the United States
3 novembre 2021, par Mathilde COUDRAYThis paper investigates the effect of food environments, characterized as food swamps, on adult obesity rates. Food swamps have been described as areas with a high-density of establishments selling high-calorie fast food and junk food, relative to healthier food options. This study examines multiple ways of categorizing food environments as food swamps and food deserts, including alternate versions of the Retail Food Environment Index. We merged food outlet, sociodemographic and obesity data from the United States Department of Agriculture (USDA) Food Environment Atlas, the American Community Survey, and a commercial street reference dataset. We employed an instrumental variables (IV) strategy to correct for the endogeneity of food environments (i.e., that individuals self-select into neighborhoods and may consider food availability in their decision). Our results suggest that the presence of a food swamp is a stronger predictor of obesity rates than the absence of full-service grocery stores. We found, even after controlling for food desert effects, food swamps have a positive, statistically significant effect on adult obesity rates. All three food swamp measures indicated the same positive association, but reflected different magnitudes of the food swamp effect on rates of adult obesity (p values ranged from 0.00 to 0.16). Our adjustment for reverse causality, using an IV approach, revealed a stronger effect of food swamps than would have been obtained by naïve ordinary least squares (OLS) estimates. The food swamp effect was stronger in counties with greater income inequality (p < 0.05) and where residents are less mobile (p < 0.01). Based on these findings, local government policies such as zoning laws simultaneously restricting access to unhealthy food outlets and incentivizing healthy food retailers to locate in underserved neighborhoods warrant consideration as strategies to increase health equity.
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Hungry city. How food shapes our lives
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYHow do you feed a city ? It’s a question that we rarely ask, but which lies at the core of civilisation. The feeding of cities arguably has a greater social and physical impact on us and our planet than anything else we do. Yet few of us living in modern cities are conscious of the process. Food arrives on our plates as if by magic, and we rarely stop to wonder how it might have got there.
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An emerging user-led participatory methodology : Mapping impact pathways of urban food system sustainability innovations
23 novembre 2021, par Mathilde COUDRAYThis chapter presents the general framework for the URBAL project as well as the main interwoven considerations and approaches that are the backbone of the methodology. Please note that this is an ongoing project and that it has evolved since the chapter has been written. We will point out some changes in the methodology as the chapter proceeds
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Le mangeur hypermoderne
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYLe micro-ondes et les portions individuelles, le péché de gourmandise, l’anorexie et l’obésité épidémiques, les McDo’s, le slow-food, le fooding, le traiteur à domicile, la gastronomie moléculaire : autant d’objets, de faits et de pratiques sociales qui révèlent les traits propres à la société contemporaine. Après ses travaux sur les villes, François Ascher poursuit son étude de la société « hypermoderne » en s’appuyant cette fois sur l’évolution des pratiques alimentaires. Il en tire des hypothèses ambitieuses et stimulantes sur le développement du modèle du restaurant, y compris à la maison, sur les relations entre sociabilité et pratiques alimentaires, sur l’émergence d’un nouveau groupe social, la « classe créative », pour laquelle la nourriture devient une question d’esthétique quotidienne, etc. Une véritable radiographie de la vie quotidienne d’aujourd’hui ; une réflexion originale sur la liberté des individus telle qu’elle s’exerce chaque jour.
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Ultra-processed products are becoming dominant in the global food system
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYThe relationship between the global food system and the worldwide rapid increase of obesity and related diseases is not yet well understood. A reason is that the full impact of industrialized food processing on dietary patterns, including the environments of eating and drinking, remains overlooked and underestimated. Many forms of food processing are beneficial. But what is identified and defined here as ultra-processing, a type of process that has become increasingly dominant, at first in high-income countries, and now in middle-income countries, creates attractive, hyper-palatable, cheap, ready-to-consume food products that are characteristically energy-dense, fatty, sugary or salty and generally obesogenic. In this study, the scale of change in purchase and sales of ultra-processed products is examined and the context and implications are discussed. Data come from 79 high- and middle-income countries, with special attention to Canada and Brazil. Results show that ultra-processed products dominate the food supplies of high-income countries, and that their consumption is now rapidly increasing in middle-income countries. It is proposed here that the main driving force now shaping the global food system is transnational food manufacturing, retailing and fast food service corporations whose businesses are based on very profitable, heavily promoted ultra-processed products, many in snack form.
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L’alimentation au cœur des sociabilités ville-campagne. L’exemple des marchés fermiers comme formes d’interactions entre populations agricoles et touristiques
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYL’expérience alimentaire associée au tourisme semble être le lieu de multiples aspirations et représentations, notamment en espace rural, donnant lieu à de nouvelles pratiques, offres et filières situées parfois en marge d’un développement touristique plus institutionnalisé. C’est le cas de l’agritourisme, défini comme l’ensemble des activités touristiques pratiquées sur une exploitation agricole et présenté comme moyen de diversification aux bénéfices multiples. Considérant le décalage entre perceptions du monde agricole et réalité du terrain, l’agritourisme, à travers la valorisation de produits agricoles et alimentaires, est analysé comme un moyen de renouer le dialogue et de tisser des liens entre population agricole et société civile. En encourageant un public de non-initiés à réfléchir et à penser l’agriculture, en valorisant des images et des pratiques spécifiques, mais aussi en partageant des valeurs et des visions contrastées du monde agricole et rural, les agriculteurs, à travers la valorisation de leurs produits agricoles et alimentaires, sont au cœur de processus d’interactions. Cette contribution vise ainsi, avec l’exemple des marchés fermiers, à questionner l’alimentation comme vecteur de nouvelles formes de sociabilités entre ville et campagne. L’analyse se base sur une étude exploratoire conduite en 2015 dans la région Midi-Pyrénées (France) auprès d’agriculteurs et d’agricultrices proposant des marchés sur leur exploitation agricole.