Les grandes entreprises de l’alimentation de masse font aujourd’hui face à des critiques, à une défiance croissante et à un tassement de leurs parts de marché. Si les dimensions politiques de l’assiette engagée des militants et de l’assiette caritative des pauvres et des aidés ont été pointées dans la littérature, celles de l’assiette ordinaire de la consommation de masse ont été peu abordées. Cet article dépeint l’évolution de la défiance, en France et aux États-Unis, depuis une cinquantaine d’années, et ses effets visibles dans les transformations de l’offre alimentaire, à travers le recyclage, par les industriels, des critiques à leur endroit. L’article donne à voir un processus qui conduit à une visibilité croissante des dimensions politiques de l’alimentation industrielle de masse – au sens de la multiplication des choix par lesquels l’alimentation connecte et insère les mangeurs dans un système social et technique. En effet, le recyclage de la critique conduit à une diversification des qualités : modes de production, origine et nature des matières premières. Cette diversification souligne indirectement l’opacité des marques historiques et de l’alimentation de masse. La contingence des choix qui guident leur production en devient plus apparente. Le rapport critique, voire conflictuel, à l’alimentation industrielle de masse devient ainsi moteur d’une politisation de l’alimentation ordinaire. Cette réintroduction du politique dans le marché témoigne de la dimension constructive de la défiance.
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Ressources hors Chaire
Articles
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La politisation de l’alimentation ordinaire par le marché
23 novembre 2021, par Mathilde COUDRAY -
Alimentation durable et économie sociale et solidaire : les liaisons fertiles
23 novembre 2021, par Mathilde COUDRAYPar nature transversale, la transition agroécologique et alimentaire est au carrefour de cultures et d’influences que les acteurs conjuguent au quotidien. Notamment l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) qui permet de penser autrement les filières et chaînes de valeur agricoles et offre un cadre fertile pour de nouvelles alliances. Cette nouvelle étude donne la parole aux acteurs de terrain mais aussi à ceux qui les accompagnent et les financent. Sans prétention d’exhaustivité, elle explore les points de rencontre entre la chaîne de valeurs alimentaire et l’ESS, offre des informations pratiques pour se lancer et identifie les voies de développement.
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Pratiques alimentaires durables : un autre regard sur et avec les personnes modestes
15 juin 2022, par Mathilde COUDRAYÀ partir d’une revue de la littérature sur les comportements alimentaires des personnes modestes – définies ici comme les 40 % les plus pauvres en niveau de vie –, ce Décryptage présente des éléments clés sur les pratiques et la relation qu’entretient cette catégorie de population avec l’alimentation durable. L’objectif est de mieux qualifier leurs comportements alimentaires et les aspirations, notamment vis-à-vis du reste de la population, afin de caractériser la participation de ce groupe social à la transition vers une alimentation durable. Il s’agit enfin d’identifier les conditions d’une véritable co-construction des paradigmes alimentaires durables, dans une perspective de justice alimentaire.
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L’animal d’élevage n’est pas si bête
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYL’évolution de l’élevage et la construction des « productions animales » se sont appuyées sur un changement drastique du statut de l’animal d’élevage. À partir du milieu du 19e siècle en France, la zootechnie l’a déconstruit en tant qu’animal et en a fait une « bête » : chose, outil, matière, minerai. Considérés ainsi par les procédures du travail en systèmes industriels et intensifiés, les animaux d’élevage n’en sont pas moins supposés faire preuve d’intelligence, le travail ne pouvant se faire sans leur collaboration, voire sans leur coopération. Les vaches, les truies, ne sont donc pas si « bêtes » et la majorité des éleveurs qui, au quotidien, travaillent avec elles en sont intimement convaincus. Les animaux résistent à la bêtise, persistent dans leur être animal et leur désir de vivre en relation au monde. C’est bien cette résistance, jugée nuisible à la productivité, qui conduit aujourd’hui à robotiser le travail et à accélérer l’entreprise techno-biologique de réification des animaux d’élevage.
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Food systems at risk
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYThe way food systems have evolved over past decades means that they now face major risks, which in turn threaten the future of food systems themselves. Food systems have seriously contributed to climate change, environmental destruction, overexploitation of natural resources and pollution of air, water and soils. Despite the global average improvement in calorie production and major development of the food and agricultural product markets, huge inequalities in food access and repartition of the added value have emerged, leading to new serious nutritional and social problems. Based on a review of the most recent scientific knowledge, this report emphasizes Low-Income and Lower Middle-Income countries where the population faces greater challenges than elsewhere. Different threats are adding up and there are few options to adapt or mitigate these combinations of risks. This is a call for all those - businesses, policy makers, consumers, funding agencies - who are engaged in food systems transformations to bear in mind their systemic aspects and their multiple outcomes and risks in order to be able to fashion more sustainable and equitable food systems.
This report was prepared and coordinated by the Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), and is a joint production with the Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) and the European Commission’s Directorate-General for International Cooperation and Development (DG DEVCO). The scientific report hereunder takes stock of the current and future risks and challenges as regards to food systems.
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Foodscape : A scoping review and a research agenda for food security-related studies
10 novembre 2021, par Mathilde COUDRAYSince 1995, the term ‘foodscape’, a contraction of food and landscape, has been used in various research addressing social and spatial disparities in public health and food systems. This article presents a scoping review of the literature examining how this term is employed and framed. We searched publications using the term foodscape in the Web of Science Core Collection, MEDLINE, and Scopus databases.
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Understanding Lived Experience of Food Environments to Inform Policy : An Overview of Research Methods
10 novembre 2021, par Mathilde COUDRAYWith poor diets being the leading cause of ill-health in the world today, the imperative to explore how to leverage food systems for better diets has never been greater. Significant attention has been placed on how to improve one particular component of the food system : food environments. Food environments comprise the foods available to people in their surroundings as they go about their everyday lives and the nutritional quality, safety, price, convenience, labelling and promotion of these foods (FAO, 2016).
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The rise of supermarkets in Africa, Asia, and Latin America
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYSupermarkets are traditionally viewed by development economists, policymakers, and practitioners as the rich world’s place to shop. The three regions discussed here have a great majority of the poor on the planet. But supermarkets are no longer just niche players for rich consumers in the capital cities of the countries in these regions. The rapid rise of supermarkets in these regions in the past five to ten years has transformed agrifood markets at different rates and depths across regions and countries. Many of those transformations present great challenges—even exclusion—for small farms, and small processing and distribution firms, but also potentially great opportunities. Development models, policies, and programs need to adapt to this radical change.
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La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2019. Aller plus loin dans la réduction des pertes et gaspillages de denrées alimentaires
3 novembre 2021, par Mathilde COUDRAYLe présent rapport fournit de nouvelles estimations sur le pourcentage des denrées alimentaires qui sont perdues au niveau mondial, depuis le stade de la production jusqu’à la vente au détail. Il constate par ailleurs une grande hétérogénéité dans les estimations relatives aux pertes alimentaires, souvent pour un même produit ou un même stade de la chaîne d’approvisionnement. Le fait de pouvoir déterminer et comprendre clairement les points critiques où se produisent les pertes dans les différentes chaînes d’approvisionnement – là où le potentiel de réduction des pertes alimentaires est élevé – est une condition essentielle si l’on veut prendre des mesures adéquates. Le rapport fournit des principes directeurs susceptibles de guider les interventions de réduction des pertes et gaspillages alimentaires en fonction des résultats escomptés, que ce soit sur le plan de l’efficacité économique, de la sécurité alimentaire, de la nutrition ou de la durabilité environnementale.
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The global distribution of acute unintentional pesticide poisoning : estimations based on a systematic review
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYHuman poisoning by pesticides has long been seen as a severe public health problem. As early as 1990, a task force of the World Health Organization (WHO) estimated that about one million unintentional pesticide poisonings occur annually, leading to approximately 20,000 deaths. Thirty years on there is no up-to-date picture of global pesticide poisoning despite an increase in global pesticide use. Our aim was to systematically review the prevalence of unintentional, acute pesticide poisoning (UAPP), and to estimate the annual global number of UAPP.
We carried out a systematic review of the scientific literature published between 2006 and 2018, supplemented by mortality data from WHO. We extracted data from 157 publications and the WHO cause-of-death database, then performed country-wise synopses, and arrived at annual numbers of national UAPP. World-wide UAPP was estimated based on national figures and population data for regions defined by the Food and Agriculture Organization (FAO).