JIPAD 2022

La 8ème édition Journée des Innovations Pour une Alimentation Durable a été organisée par les étudiant·e·s du Mastère spécialisé® IPAD, autour de projections de vidéos conçues et suivies de tables-rondes permettant de réagir ensemble aux sujets abordés. Elle s’est déroulée jeudi 31 mars 2022 à l’Institut Agro Montpellier.
Cette édition abordera les thèmes suivants :

  • De nouvelles solutions pour l’installation agricole : on s’intéresse ici aux nombreux facteurs à l’origine d’un important problème de renouvellement des générations d’agriculteurs. Nous verrons à travers les quatre projets présentés qu’installer des agriculteurs permet de remplir d’autres fonctions importantes (redynamiser les villages, préserver les terres de l’artificialisation, protéger un patrimoine culturel, paysager et environnemental) et que de nouveaux projets et de nouvelles modalités d’installation émergent.
  • La mobilisation des acteurs du secteur privé pour le développement d’un système alimentaire plus durable : nous vous proposons de découvrir quatre innovations, qui illustrent la façon dont le secteur privé peut se mobiliser à différentes échelles, avec des leviers internes aux entreprises, interentreprises ou impliquant l’État.
  • Vers de nouveaux modèles alimentaires : la force du réseau. Quatre études d’innovations couvrant les différents échelons de la chaîne de valeur, des semences au rôle du consommateur, sont explorées dans ce chapitre. Elles interrogent les relations entre les acteurs politiques, sociaux et économiques et la construction de coordinations entre acteurs des villes et des campagnes pour de nouveaux systèmes alimentaires plus durables et résilients.
  • Des modes de gouvernance multi-acteurs pour ancrer le concept de démocratie alimentaire : cinq synthèses, pour amener à réfléchor à la grande diversité d’acteurs clés mobilisables pour renforcer les capacités d’action collective, au travers de modes de gouvernance multi-acteurs à toutes les échelles des systèmes alimentaires.

THEME 01. De nouvelles solutions pour l’installation agricole

Le modèle agroindustriel dans lequel nous nous trouvons depuis la fin de la seconde guerre mondiale semble aujourd’hui atteindre ses limites. Plusieurs facteurs sont à l’origine d’un important problème de renouvellement des générations d’agriculteurs. Cet enjeu est d’autant plus important qu’une large partie des agriculteurs actuellement en activité partira à la retraite d’ici 2030. Nous verrons à travers les quatre projets présentés dans ce chapitre qu’installer des agriculteurs permet de remplir d’autres fonctions importantes : redynamiser les villages, préserver les terres de l’artificialisation, protéger un patrimoine culturel, paysager et environnemental.
Dans ce contexte, de nouveaux projets et de nouvelles modalités d’installation émergent. Nous vous proposons de découvrir certains d’entre eux à travers ce premier chapitre. Nous commencerons par aborder l’installation agricole sous le statut de société coopérative et participative (Scop) avant de nous intéresser au dispositif de la Ceinture Verte, qui repose en partie sur un autre statut coopératif, celui de société coopérative d’intérêt collectif (Scic). Nous verrons également que des initiatives peuvent être portées par des collectivités territoriales, à travers les exemples du hameau agricole de Murviel-lès-Montpellier et de la plaine des Quinze Sols près de Toulouse. Ces innovations organisationnelles ont un point commun : elles endossent une grande partie des risques liés à l’installation (concernant l’accès au foncier et l’endettement en particulier) pour soulager les porteurs de projet et leur garantir une installation rapide et pérenne.

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THEME 02. La mobilisation des acteurs du secteur privé pour le développement d’un système alimentaire plus durable

Les enjeux sociaux et environnementaux sont plus que jamais d’actualité. Au vu de leur ampleur, les pouvoirs publics, la société civile, les ONG et le secteur privé tentent d’agir de concert. Dans ce chapitre, nous vous proposons quatre innovations qui illustrent la façon dont le secteur privé peut se mobiliser à différentes échelles.
Elles convergent par l’importance accordée à la prise en compte de l’environnement écologique et social tout en garantissant une viabilité économique d’entreprises ou de filières. La RSE apparaît là comme une voie pertinente pour structurer une démarche, à condition qu’elle soit contraignante, car il ne va pas de soi pour une entreprise d’aller vers des pratiques durables, que ce soit en termes de production alimentaire ou de structuration interne. Face aux injonctions de durabilité, il y a bien des freins. Mais certains outils peuvent aider, inciter, voire obliger les entreprises agricoles ou agroalimentaires à passer à l’action et à s’engager vers plus de durabilité. D’autres outils sont encore en débat ou restent à inventer. Dans ce chapitre, des leviers internes aux entreprises, interentreprises ou impliquant l’État sont présentés. Mais le consommateur a aussi son rôle à jouer. Ce n’est qu’en agissant à tous les niveaux que la durabilité peut avoir du sens au sein de nos systèmes alimentaires.

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THEME 03. Vers de nouveaux modèles alimentaires, la force du réseau

Si le modèle industriel de l’agriculture et de l’alimentation s’est progressivement imposé au cours du XXe siècle, de nouveaux modèles alternatifs émergent et contribuent à redessiner peu à peu un nouvel horizon alimentaire. La place de ces nouvelles initiatives fait débat. Sont-elles légitimes ? Pérennes ? Durables ? Doivent-elles se substituer au modèle agro-industriel ou sont-elles complémentaires ? Ces innovations ont-elles vocation à montrer l’exemple et encourager le développement de systèmes alimentaires plus vertueux en essaimant sur d’autres territoires ?

Quatre études d’innovations couvrant les différents échelons de la chaîne de valeur, des semences au rôle du consommateur, sont explorées dans ce chapitre. Elles interrogent les relations entre les acteurs politiques, sociaux et économiques et la construction de coordinations entre acteurs des villes et des campagnes pour de nouveaux systèmes alimentaires plus durables et résilients.

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THEME 04. Des modes de gouvernance multi-acteurs pour ancrer le concept de démocratie alimentaire

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les biens alimentaires répondent aux logiques de marché et les citoyens ne peuvent orienter la construction de leur système alimentaire qu’au travers de l’acte d’achat. Or, ce « pouvoir d’achat » concerne des ménages détenant des ressources financières suffisantes : c’est donc là une forme d’injustice sociale. Pour ancrer le principe de démocratie alimentaire, deux leviers d’action se dégagent : reconnaître l’effectivité du droit à l’alimentation et renforcer les capacités d’action collective au travers de modes de gouvernance multi-acteurs à toutes les échelles des systèmes alimentaires. Ces différentes synthèses s’intéressent donc à une grande diversité d’acteurs clés : l’État, les instances internationales, les collectivités territoriales et gestionnaires de restauration collective, le monde agricole (paysans, associations de développement comme EHLG), les réseaux de la société civile (associations locales, projets de paniers solidaires), ainsi que les citoyens eux-mêmes, appelés à participer activement via des dispositifs délibératifs comme les conventions citoyennes.

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