JIPAD 2021

La 7e édition des JIPAD s’est tenue en distanciel, pour que les 19 étudiant·e·s du mastère IPAD présentent leur travail dans un format dynamique de courtes vidéos (5’) réalisées par leurs soins. Ils ont abordé les grandes thématiques de l’alimentation durable à travers cinq sessions :

  • Une illustration d’outils de relocalisation de nos systèmes alimentaires
  • Des formes innovantes de gouvernance
  • Des mises en valeurs des productions exemplaires
  • Des initiatives pragmatiques d’Éducation / Sensibilisation à l’alimentation durable
  • Des expériences de démocratie alimentaire

THEME 01. Les outils de relocalisation et de reterritorialisation

De nombreux enjeux de sécurité alimentaire pèsent à présent sur les villes, face auxquels des pouvoirs publics et des consommateurs montrent une volonté croissante de relocaliser les systèmes alimentaires. À cet engouement pour le local s’ajoute sur de nombreux territoires une volonté de « reterritorialiser ». Malgré l’engouement, les circuits courts de proximité ne répondent pas systématiquement à l’ensemble des dimensions de la durabilité (consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre parfois plus importants que les filières longues, une rentabilité économique variable...)
Dans ce chapitre, nous vous proposons de découvrir trois innovations qui ne considèrent pas le local comme une finalité mais bien comme un moyen de rendre durables nos systèmes alimentaires :

  • Le drive « zéro déchet » La Palanche est un nouveau circuit de distribution développé par quatre citoyens engagés qui a su allier réduction des déchets plastiques et valorisation d’une production locale et durable.
  • Le calculateur en ligne CRATer, développé par l’association Les Greniers d’Abondance, est le premier outil d’évaluation de la résilience alimentaire d’un territoire.
  • Les marchés d’intérêt national (MIN) sont des marchés destinés aux professionnels et des outils publics historiques du territoire, qui, redéployés par les pouvoirs publics locaux, peuvent jouer un rôle clé dans les démarches de relocalisation et reterritorialisation.

Ces outils interpellent sur la nécessité de développer des systèmes alimentaires localisés, proposent de nouvelles façons de penser notre consommation et réinventent les circuits de commercialisation traditionnels. Tous illustrent comment le développement ou le redéploiement d’outils peuvent contribuer à la relocalisation et à la reterritorialisation de notre alimentation. Surtout, ces initiatives permettent de s’interroger sur les finalités de ces démarches et sur quels en sont les résultats et les limites.

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THEME 02. Des schémas de gouvernance alternatifs pour la durabilité des systèmes alimentaires

Sur les territoires, à l’échelle locale mais aussi nationale, des modes de gouvernance alternatifs émergent dans un objectif de réappropriation du pouvoir décisionnel et de construction de référentiels touchant à des enjeux clés tels que les pratiques agricoles, la gestion des biens communs et la commercialisation des produits. Quatre initiatives innovantes sont présentées dans ce chapitre :

  • En Belgique, l’association le Mouvement d’action paysanne (MAP) a créé un système participatif de garantie (SPG) agroécologique.*
  • Sur les territoires côtiers, les prud’homies, à la fois communautés de petits pêcheurs et cadres réglementaires des activités de pêche professionnelle, sont des institutions séculaires concentrant les pouvoirs.
  • La Foncière Terre de Liens (TDL) a été créée par le mouvement associatif éponyme, dans le but d’acquérir collectivement du foncier et du bâti rural pour aider les futurs exploitants à s’installer en agriculture biologique. Il s’agit de la première structure d’investissement solidaire appliquée à la gestion des terres agricoles et qui implique directement les citoyens dans la gouvernance.
  • Dans quelques collectivités, le label « Territoires de commerce équitable » permet de lancer une dynamique territoriale en faveur du commerce équitable (CE). Il associe un grand nombre d’acteurs – du CE ou non – pour organiser les échanges et aider à l’élaboration des actions.

Dans ces initiatives, les citoyens jouent un rôle crucial, que ce soit en tant que partenaires lors de la production (SPG), en faisant des achats engagés (produits certifiés ou issus de la petite pêche), en devenant actionnaires (Foncière TDL) ou en votant pour des représentants politiques engagés (label « Territoires de commerce équitable »). Ainsi, plusieurs acteurs, dont les citoyens, portent la volonté de changer les dynamiques de pouvoir au sein des systèmes alimentaires et d’appréhender la notion de gouvernance à l’aune des enjeux de démocratie, de justice sociale et de durabilité. Au-delà de ces initiatives localisées, la gouvernance de nos systèmes alimentaires doit évoluer afin d’être plus inclusive, équitable et durable, en cohérence avec les enjeux actuels de justice sociale et d’écologie.

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THEME 03. Valorisation et préservation des ressources environnementales et sociales pour une production durable

La question se pose de la durabilité de nos modèles agricoles et alimentaires conventionnels face aux dégradations environnementales, sociales, sanitaires et éthiques, pour lesquelles ils portent une part de responsabilité. Comment favoriser le développement d’une production prenant en compte le bien-être humain, animal et de la nature ? Produire durablement, c’est possible ! Le chapitre 3 propose cinq innovations qui oeuvrent chacune à la préservation des ressources et à leur mise en valeur tout au long du système alimentaire, dans des domaines aussi divers que la pêche, l’élevage, la production agricole et la comptabilité. Mais les producteurs peuvent difficilement valoriser leurs pratiques si les consommateurs ne consentent pas à changer leurs habitudes alimentaires, et les consommateurs ne peuvent porter seuls le coût de ces modèles alternatifs s’ils ne sont pas soutenus par des politiques publiques. La réussite de ces innovations va ainsi dépendre en grande partie de notre capacité à réfléchir et à agir à l’échelle de la société.

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THEME 04. L’enjeu de l’apprentissage alimentaire pour éclairer les choix du mangeur-consommateur

Pourquoi sensibiliser ou faire de l’éducation alimentaire ? Cela permet de recréer du lien avec l’alimentation en l’abordant via de multiples dimensions : relative à la santé, hédonique et sociale. Dans ce cadre-là, ce chapitre présente les tenants et aboutissants de trois projets innovants ciblant différents publics et issus des secteurs public, éducatif ou privé. Ces projets de sensibilisation permettent d’aborder l’alimentation au-delà de sa dimension nutritionnelle, en cherchant à fournir aux mangeurs-consommateurs des connaissances nouvelles pour des choix alimentaires davantage éclairés. Pour autant, la responsabilité de « bien manger » ne peut reposer que sur les choix individuels. En effet, de multiples facteurs influencent notre rapport à l’alimentation, comme notre environnement physique (paysages alimentaires) ainsi que l’ensemble des normes sociales promues via nos institutions. D’autres projets structurels doivent donc venir en complément pour une transition pérenne vers des modes alimentaires plus durables.

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THEME 05. Des tiers-lieux alimentaires pour davantage de justice sociale

Le dispositif d’aide alimentaire se propose comme la principale réponse à cette précarité alimentaire, même s’il pose des questions de qualité des produits, de santé, de dignité des personnes et donc de durabilité. Néanmoins, des modèles alternatifs se développent. C’est le cas de certains tiers-lieux alimentaires où des citoyens inventent et expérimentent collectivement de nouvelles façons de favoriser l’accès à une alimentation durable pour tous. Ce chapitre revient sur quatre initiatives qui œuvrent en ce sens, pour favoriser à leur échelle l’accès à une alimentation durable pour tous, en particulier pour les personnes les plus précaires. Elles vont au-delà de la fonction nourricière de l’alimentation en créant des espaces de convivialité, d’entraide et d’émancipation, en mettant les citoyens au coeur du porocessus. Grâce à ces exemples, les étudiant.es ont voulu montrer que de nombreuses alternatives à l’aide alimentaire standard se développent. Des alternatives au sein desquelles l’alimentation sert aussi de support pour renouer un lien social perdu, pour renforcer ses compétences et reprendre confiance en soi, ou encore pour apprendre de nouvelles choses. Toutes ont le point commun d’être une démarche collective, ancrée localement, adaptée aux spécificités d’un territoire et appropriée par ses habitants. La question du changement d’échelle de telles initiatives se pose dès lors plutôt en termes de multiplication ou de mise en réseau.

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