JIPAD 2017
A l’occasion de la Journée des innovations pour une alimentation durable, les étudiants de la promotion 2016-2017 des formations ISAM-IPAD ont analysé et présenté des innovations, déjà développées ou encore à l’état de concept, susceptibles de jouer un rôle dans le renforcement de la durabilité des systèmes alimentaires.
Cette quatrième édition s’est articulée autour des thématiques suivantes :
- La création de valeur dans les filières
- Les dynamiques territoriales
- Les nouvelles structures d’économie sociale et solidaire.
THEME 01. Création de valeur dans les filières
Aujourd’hui, les systèmes alimentaires voient leur durabilité compromise, à la fois aux niveaux environnemental, social et économique. Des solutions innovantes existent, et des personnes s’engagent pour imaginer de nouvelles façons de produire, consommer ou travailler ensemble pour construire une alimentation plus durable. Ce chapitre présente huit innovations, qui illustrent une petite partie de la diversité existante, parmi les réponses qui sont apportées aux notions de durabilité et de création de valeur dans les systèmes alimentaires.
On constatera que souvent les innovations techniques impliquent un besoin d’innovation organisationnelle, qui elle-même pourra être à l’origine d’une innovation technique. Ces innovations peuvent intervenir au niveau d’une étape spécifique de la production ou de la consommation, et elles illustrent également le fait que la notion de durabilité dépend du ou des initiateurs de l’innovation. Elles peuvent être portées par différents instigateurs, tels que des entrepreneurs, des collectivités, des citoyens, des instituts de recherche… qui parfois s’associent pour créer de la valeur ensemble.
Ce chapitre propose également de s’intéresser à la notion de valeur. Bien qu’elle soit avant tout perçue de manière économique, elle peut également revêtir les autres dimensions de la durabilité, à savoir les piliers social et environnemental. Chaque innovateur a ainsi sa propre définition de « la valeur », selon leur profil et leur motivation, mais aussi selon la zone géographique considérée et l’échelle du territoire à laquelle ces instigateurs innovent, cette valeur représentant les intérêts qu’il veut défendre et les causes pour lesquelles il veut s’engager.
L’échelle à laquelle l’innovation intervient est aussi déterminante. A qui est destinée cette innovation, au conommateur ? Quelles sont les solutions pour que ces derniers prennent conscience de la valeur de leur alimentation ? Sont elles destinées aux autres acteurs du système alimentaires, comme les producteurs ou les entreprises, et adaptées à leurs problématiques ?
- Des innovations pour revaloriser des espèces végétales sous-utilisées
- Les aliments simili-carnés : une nouvelle filière viande à base de végétaux
- Création d’une filière sur le Causse Méjean : entre cohésion sociale et développement économique
- L’Insetting via l’agroforesterie : comment accompagner les entreprises dans des actions climatiques intégrées au sein de la filière cacao ?
- FeedAccess, la formulation d’aliments du bétail à portée de tous
- Mécanisation de la post-récolte de quinoa : l’innovation au service des cultures ancestrales !
- Production intégrée : quel potentiel pour redynamiser la filière piscicole marine française ?
- L’aridoculture, une rétro-innovation ?
THEME 02. Dynamiques territoriales
La question de la territorialisation des systèmes alimentaires s’accompagne de celle de leur gouvernance, qui peut s’inscrire à plusieurs niveaux. Cela requiert une approche multiacteurs et multi-sectorielle. Les innovations présentées dans ce chapitre illustrent la diversité des situations.
L’aspiration à la relocalisation des systèmes alimentaires offre des belles opportunités pour les collectivités locales et territoriales. L’alimentation et l’agriculture constituent en effet d’excellents leviers des politiques publiques pour répondre à des enjeux d’éducation, de justice sociale, de santé ou encore d’urbanisation. Dans de nombreux pays, des collectivités, notamment les villes qui émergent comme un acteur incontournable, se saisissent des questions d’alimentation et élaborent des politiques alimentaires à leur échelle. Les villes de Belo Horizonte et São Paulo, au Brésil, ainsi que Medellín en Colombie, développent depuis plusieurs années des politiques alimentaires innovantes. À Montpellier, la politique des agriparcs allie agroécologie et alimentation en réponse à l’étalement urbain. Ces politiques font suite à des initiatives de la société civile, aujourd’hui soucieuse de pallier les distanciations géographiques, cognitives et économiques.
Le secteur privé est également un acteur de l’innovation dans les systèmes alimentaires. C’est le cas des pôles de compétitivité, comme Qualitropic à La Réunion, ou de la start-up, que vous pouvez découvrir dans ces synthèses.
- Les agriparcs sur la Métropole de Montpellier : un difficile équilibre entre alimentation durable et développement urbain
- L’agriparc du Mas Nouguier, un lieu multifonctionnel porteur de durabilité
- Connect the Dots, São Paulo (Brésil) – Du laboratoire urbain au système agroalimentaire local
- Des modèles de politiques alimentaires : les cas de Belo Horizonte et Medellín
- Qualitropic : au service de l’innovation !
- Panjee : un passeport digital de produits agricoles et alimentaires
THEME 03. Nouvelles structures d’économie sociale et solidaire
L’économie sociale et solidaire (ESS) regroupe des structures qui cherchent à concilier des valeurs d’utilité sociale, de respect de l’humain et de viabilité économique, et représente l’opportunité de réconcilier l’économie avec les deux autres piliers de la durabilité. Ainsi, comme dans les chapitres précédents, les sujets exposés ici ont vocation à renforcer la durabilité des systèmes alimentaires.
Ces structures adoptent des formes juridiques variées et leur fonctionnement est souvent participatif. Un autre principe est la lucrativité limitée, c’est-à-dire que les bénéfices sont principalement réinvestis dans la structure et ne rémunèrent pas le capital. L’ESS représente 10 % des emplois en France, avec 200 000 entreprises et 2,38 millions de salariés dans de nombreux secteurs tels que l’alimentation, le logement, les outils financiers, etc. Elle a été institutionnalisée par le gouvernement en 2014 au travers de la loi Hamon, qui a comme objectif de soutenir et de développer ce secteur. Cette loi a permis de reconnaitre l’ESS comme une forme d’entreprendre à part entière.
Les structures de l’ESS dépendent d’une volonté forte des porteurs de projets qui défendent des valeurs autres que l’enrichissement personnel. Cette volonté se retrouve dans les cinq initiatives qui sont présentées et décryptées dans ce chapitre. Chacune de ces innovations s’inscrit dans un contexte propre et répond à un besoin précis, et amènent à réfléchir sur les objectifs de l’ESS. Ils répondent à des enjeux à différentes échelles : depuis des objectifs précis et locaux dans La Vigne de Cocagne jusqu’à des objectifs plus généraux dans Le Château.
Ils amènent également à réfléchir à d’autres problématiques : la territorialité, la création de filières, leur forme juridique, la démocratie alimentaire, l’autonomie, etc.
- Vigne de Cocagne : première exploitation viticole d’insertion sociale et professionnelle en France
- Pain et Partage et le modèle des boulangeries solidaires : témoignage d’un entrepreneuriat pétri de sens
- Fournir une alimentation saine et de qualité en ville : le Micromarché, un système de distribution innovant
- L’épicerie coopérative, un espace nouveau pour conjuguer démocratie et alimentation durable ? Zoom sur CoopaParis
- Le Château : un lieu d’innovation performant, social et durable pour une alimentation responsable
