JIPAD 2016

La Chaire et les étudiants de la formation ISAM/IPAD vous ont donné rendez vous pour la seconde édition de de la Journée des innovations pour une alimentation durable (JIPAD) ! Ils se sont retrouvés pour présenter leur travail d’analyse sur différentes innovations, déjà développées ou encore à l’état de concept, susceptibles de jouer un rôle dans le renforcement de la durabilité des systèmes alimentaires.

Cette édition 2016 s’est articulée autour de 5 thèmes :

  • Un pour tous et tous pour un  : sommes-nous plus durables ensemble ?
  • L’alimentation durable, accessible pour tous  ?
  • Lorsque nos poubelles regorgent de ressources, on fait quoi  ?
  • Des systèmes de production 2.0 ?
  • Quand les institutions s’en mêlent !

Retrouvez l’ensemble des ressources de la journée ci dessous !

THEME 01. Un pour tous et tous pour un  : sommes-nous plus durables ensemble ?

Nous vivons dans un drôle de monde… Un monde qui bouge, qui change… Tout ceci a fortement impacté nos façons de cultiver, produire, échanger et nous nourrir. Aujourd’hui, la durabilité de nos activités est en jeu. Ceci mène nombre d’entre nous à ressentir une insatisfaction grandissante et une envie de faire bouger les choses.

Face aux limites de notre modèle agroalimentaire, nombreux sont ceux qui se mobilisent pour imaginer et développer des systèmes alternatifs, avec un objectif : la durabilité ! Nous avons choisi pour ce premier temps fort de la journée de mettre en avant des initiatives innovantes basées sur l’action collective. Ces initiatives, et les acteurs qui les portent, sont organisés autour de valeurs comme la solidarité et l’entraide plutôt que la course effrénée aux profits. La clé de leur réussite, nous en sommes convaincues, se situe dans le partage des connaissances et des savoirs, qui permet de construire des solutions concrètes et efficaces.

Pour illustrer le pouvoir de l’agir ensemble, trois types d’applications concrètes sont analysées dans ce chapitre : la gestion collective des semences paysannes ; la coopération entre nos productions animales et végétales, pour une agriculture plus durable et enfin le supermarché coopératif, une organisation de personnes qui souhaitent reprendre la main sur leur panier de courses. Il est intéressant de noter que ces organisations étaient toutes les trois relativement courantes auparavant. Mais suite aux grands bouleversements des activités humaines vers le milieu du XXe siècle, elles ont fortement décliné, voir quasiment disparu. A présent, nous pourrions assister à leur renaissance et leur redéploiement, car elles apportent de vraies réponses aux enjeux actuels.

Pour reprendre la fameuse devise utilisée par Alexandre Dumas pour ses Trois mousquetaires , « Un pour tous et tous pour un ! »

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THEME 02. L’alimentation durable, accessible pour tous  ?

Comme vu au chapitre précédent, l’action collective permet de repenser des systèmes vers plus de durabilité et de cohésion sociale. Mais l’action nécessite au préalable une prise de conscience et bien souvent des moyens. Ainsi, par méconnaissance, manque de temps ou d’argent, nombreux sont les citoyens qui restent en marge de ces initiatives.

Ce chapitre propose de s’intéresser à deux initiavtives, qui, malgré leur apparent éloignement, reflètent une même volonté d’intégration sociale. Les Paniers de la mer permettent l’accès à la ressource halieutique pour les bénéficiaires de l’aide alimentaire, tout en luttant contre le gaspillage alimentaire. La start-up Ici&Là, quant à elle, propose des steaks de légumineuses – celles-ci étant des cultures clés pour la durabilité des systèmes de cultures et une alternative de choix à la viande – en restauration collective.

Viser l’aide alimentaire et la restauration collective, c’est cibler un public varié, large, dépasser le frein qu’est le prix, mais aussi toucher à des segments de la population peu sensibilisés à la qualité de l’alimentation. Ces projets sont ainsi teintés de pédagogie : les Paniers de la mer proposent aux bénéficiaires des guides recettes et des conseils de préparation, tandis que les steaks de légumineuses visent directement les cantines scolaires. Enfin, il s’agit de redonner de la valeur à des produits mal ou non valorisés, d’un côté, les invendus des criées, d’un autre, les légumineuses.

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THEME 03. Lorsque nos poubelles regorgent de ressources, on fait quoi  ?

Vous découvrirez ci-dessous une collection de bananes. Si nous étions amenés à choisir l’une de ces bananes, laquelle prendrions-nous ? La plupart d’entre nous aurons pensé à celle cerclée de vert. Mais nous nous sommes surtout demandé ce qu’il était advenu des autres et notamment celles cerclées de rouge.

La première par exemple a été produite au Costa Rica par Eduardo. Elle n’a malheureusement jamais quitté la bananeraie. La seconde a quant à elle mal vécu son transport jusqu’en France et Didier, grossiste, n’a jamais réussi à la vendre. Quant à la dernière, Julia a encore acheté trop de bananes, et elle a fini à la poubelle.

L’histoire de ces bananes nous a rendus perplexes. La question du gaspillage, comme l’illustre cet exemple, est un phénomène qui concerne l’ensemble des acteurs à tout niveau de la chaine alimentaire, et dont les causes sont multiples. Les deux innovations analysées sur ce thème illustrent des solutions innovantes s’inscrivant dans la lutte contre le gaspillage à différents niveaux.

Ces solutions sont toutes les deux portées par de jeunes entrepreneurs, qui ont su saisir l’opportunité d’allier business et développement durable. Leur recette : transformer les déchets pour certains en ressources pour d’autres, en s’appuyant notamment sur les principes de l’économie circulaire.

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THEME 04. Des systèmes de production 2.0  ?

Dans les chapitres précédents, des formes d’organisation collaborative ont été présentées, des initiatives pour un accès plus large à l’alimentation et pour la réduction des gaspillages. Mais parler d’alimentation sans consacrer une place aux systèmes de production, ce serait faire l’impasse sur l’origine même de celle-ci.

Il aurait été de toute façon difficile de ne pas aborder le sujet lors d’une journée qui traite aussi d’innovations, tant elles sont nombreuses du côté de la production, dans notre monde post-révolution verte. On voit un peu partout fleurir des initiatives nouvelles : on n’a jamais autant parlé d’agroécologie, de permaculture, d’agriculture urbaine, d’associations de cultures ou d’agroforesterie.

Mais au-delà de ces techniques de production qui sont déjà un peu sous les feux de la rampe, il en existe beaucoup d’autres moins connues, encore en gestation. Elles promeuvent une autre vision de l’agriculture, plus moderne, plus technologique et moins centralisée dans de grandes exploitations, caractéristique d’une société avide de changement. C’est ce qui relie particulièrement les trois innovations qui vont être présentées ici : de petites unités de production qui ont pour vocation d’être multipliées et dispersées.

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THEME 05. Quand les institutions s’en mêlent !

Quasiment toutes les innovations que nous avons vues dans les pages précédentes de ce document ont été initiées par des individus ou petits groupes d’individus, par des entrepreneurs, par la société civile. Mais elles peuvent aussi venir d’en haut, du cadre dans lequel évoluent ces entrepreneurs. C’est le cas pour ces deux dernières innovations, dont l’une est portée par le gouvernement bruxellois et l’autre, sur le cacao, par le Comité européen de normalisation.

De prime abord, ces deux innovations peuvent sembler très différentes. D’un côté, la « norme cacao » est portée par une initiative privée et a pour ambition de se développer internationalement. Le plan régional « Good Food » est quant à lui porté par les pouvoirs publics sur le territoire de la Région Bruxelles-Capitale, qui peut se comparer à la taille de grandes villes françaises telles que Lyon ou Lille.

Néanmoins, il y a plusieurs similitudes : elles ont été pensées et construites en impliquant toutes les parties prenantes concernées, et elles visent à renforcer l’implication des porteurs de projets. Et, bien que cela puisse sembler évident, rappelons que ces deux démarches visent à renforcer la durabilité des systèmes considérés. Ces innovations ont aussi été confrontées à des écueils identiques. Dans les deux cas, leur développement fait face à l’inertie du système en place et nécessite donc beaucoup de temps, de coordination et d’investissement pour se concrétiser. Ici nous évaluons l’intérêt de ces projets en identifiant leurs forces et faiblesses. Nous espérons qu’ils seront source d’inspiration pour le développement d’initiatives similaires, que ce soit au niveau d’autres filières agricoles ou pour d’autres projets alimentaires.

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