JIPAD 2015

Retrouvez les synthèses et vidéos des étudiant·e·s des formations ISAM-IPAD, qui se sont réunis à l’occasion de la 1ère édition des Journée des innovations pour une alimentation durable (JIPAD). Cette journée est dédiée au foisonnement des innovations - techniques ou organisationnelles - et politiques visant à renforcer la durabilité de nos systèmes alimentaires.

Les dix-huit études réalisées par la promotion 2014-2015 ont ainsi été présentées et discutées dans le cadre de quatre ateliers thématiques :

  • Systèmes de production  : l’alternatif d’aujourd’hui sera-t-il le conventionnel – de demain  ?
  • Entre producteurs – et consommateurs  : vers des échanges plus justes  ?
  • Alimenter les villes, des solutions en marche
  • Déchets... Vous avez dit déchets  ?

THEME 01. Systèmes de production  : l’alternatif d’aujourd’hui sera-t-il le conventionnel – de demain  ?

Ce qui est frappant, vous en conviendrez sûrement, quand on parle d’agriculture et de modes de production agricoles durables, c’est le peu d’importance accordée à la qualité des produits eux-mêmes ! Alors que c’est le but premier de l’agriculture : produire des aliments nourrissants, sains et qui, espérons-le, ont du goût. Mais l’agriculture durable, encore alternative, devra aussi être multifonctionnelle et liée au territoire : produire des aliments tout en produisant des biens et des services pour l’ensemble de la société.

Revenir aux bases de l’agronomie et produire avec la nature, en s’en inspirant, est la voie la plus prometteuse pour assurer la transition vers l’agriculture écologique, respectueuse de la terre et des hommes. Chaque action répond simultanément à plusieurs défis : climatique, énergétique, environnemental et alimentaire. En redonnant vie aux sols et une dynamique aux territoires, elle redonne aussi le goût du terroir et leur valeur nutritive aux aliments que nous mangeons.

Pourtant, l’agroécologie peine à s’imposer partout. L’un des verrous majeurs auquel se heurte encore sa généralisation est l’inadaptation partielle des moyens, des formes d’organisation et des politiques agricoles menées. Cinq étudiants ont choisi, décrit et analysé quelques alternatives émergentes pour produire durablement : l’agroforesterie en Languedoc-Roussillon, la culture de shiitaké sur billes de bois, la pisciculture en haute mer dans des cages flottantes, l’élevage d’insectes et l’élevage respectueux d’animaux. Bien que certains étudiants ont davantage fait la promotion de tel ou tel système plus qu’ils ne se sont livrés à un véritable exercice d’analyse et d’évaluation, la lecture de ces rapports aura le grand mérite de faire réfléchir sur ce qu’on souhaite que soit notre agriculture. Il est regrettable que ne soient pas plus abordés les verrous techniques – des variétés et des races animales encore trop peu adaptées au terroir, des sols fragilisés et convoités, des complémentarités entre espèces végétales encore mal comprises et exploitées – que les verrous socio-économiques. Comment les lèvera-t-on et quand ? L’avenir le dira. Mais il faut y travailler dès maintenant et tous ensemble.

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THEME 02. Entre producteurs – et consommateurs  : vers des échanges plus justes  ?

De nouvelles proximités s’inventent aujourd’hui entre producteurs et consom mateurs, entre offre et demande. Il existe une forte motivation des consommateurs pour les produits alimentaires locaux. Les démarches en circuits courts se diversifient et les producteurs innovent dans leurs modalités de vente : magasins de producteurs, amap, vente par correspondance ou en ligne, vente directe à la ferme ou marchés paysans, etc.

Si la principale motivation des consommateurs est souvent de redonner du sens à leur consommation en recréant du lien avec la production, il s’agit également pour les producteurs d’une modalité de vente permettant une meilleure ‘justesse’ du rapport marchand. Le circuit court réinterroge donc en cela les questions de construction du prix et de son acceptabilité.
Différents enjeux et propositions sont abordés dans les cinq synthèses proposées ci dessous : « payer différement » avec des monnaies locales complémentaires, les drives de circuits courts, la téléphonie mobile en soutien de la filière anacarde et la place des systèmes d’informations de marché pour une commercialisation équitable et enfin le label de participation à l’agriculture familiale au Brésil.

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THEME 03. Alimenter les villes, des solutions en marche

Dans ce troisième chapitre, quatre études de cas représentent bien la diversité des capacités d’innovation en fonction de multiples dimensions et échelles d’intervention. Elles mettent en perspective la complexité des systèmes de production, de distribution et d’accessibilité et questionnent systématiquement la problématique de la gouvernance et du faire ensemble.

Le premier projet s’attache à démontrer que par des moyens simples et une échelle de quartier très localisée, il est possible d’agir sur la diversification alimentaire et les revenus des populations urbaines vulnérables, grâce à la mise en place de « sacs potagers ». Le second projet s’attache davantage à la problématique de la proximité par rapport aux systèmes de distribution en ville. Le troisième projet montre encore davantage l’interaction complexe qu’il est possible de mettre en place au niveau d’un verger pour répondre à la diversité des modes de consommations. Enfin, la quatrième étude de cas, permet de passer à une échelle géographique beaucoup plus importante, le sujet tenant plus à la reconversion des espaces qu’à la mise en place d’innovation à proprement parler.

Malgré les différences des projets proposés, la dimension sociale et sociétale fait partie intégrante des innovations à l’œuvre pour alimenter les villes. Les solutions ne se décrètent pas mais s’expérimentent, à l’image des petits espaces des jardins partagés qui essaiment ici et là. Chacun essaie à sa manière de produire du sens avant même de produire pour des consommateurs. Ces derniers deviennent d’ailleurs de plus en plus des acteurs de la diversification des modèles en circuits courts.

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THEME 04. Déchets... Vous avez dit déchets  ?

Le système alimentaire agroindustriel est efficace pour fournir une alimentation au plus grand monde à coût globalement faible. Par contre, ce système dominant n’est pas durable, en particulier parce qu’il est très gourmand en ressources et en énergie. L’économie « verte » offre un cadre conceptuel général pour intégrer les approches relevant, d’une part, de la résilience des écosystèmes et du découplage de l’évolution du bien-être humain avec la consommation de ressources et, d’autre part, de l’efficacité des ressources, de la prévention et de la gestion durable des déchets dans un objectif de « circularisation » de l’économie.

Le problème des déchets alimentaires est crucial : la FAO estime qu’un tiers de la production alimentaire mondiale est perdue ou gaspillée. Pour contribuer à la réflexion sur l’optimisation des usages et la réduction des pertes et gaspillages dans la perspective d’un système alimentaire zéro pertes/zéro déchets, l’INRA et ses partenaires ont engagé une étude prospective sur la biomasse et les systèmes alimentaires urbains. Cette étude est centrée sur l’analyse des actions clefs de réduction et de valorisation, avec pour objectif d’identifier les besoins de connaissances, d’outils, de méthodes et les questions pertinentes pour la recherche.

Les quatre innovations présentées dans cet atelier (« Consignes de bouteilles en verre » ; « Aquaponie, une association vertueuse pour une alimentation durable » ; « Lombricompostage ménager pour des légumes de balcons » et enfin « Production de pleurotes sur marc de café en milieu urbain ») illustrent particulièrement bien ces enjeux et ces objectifs.

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